Efforcer (verbe)
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Employer toute sa force à faire quelque chose; ne pas assez ménager ses forces en faisant quelque chose. "S'
Il signifie au figuré Faire tout ce qu'on peut, employer son adresse ou sa force pour venir à bout de quelque chose, pour atteindre un but. "S'
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Faire un effort de toutes ses forces. Efforcez-vous. Ne vous efforcez pas, vous vous blesserez. Ne vous efforcez pas à parler, à courir. Il s'efforçait de soulever le fardeau.
BOILEAU: « Quand un autre à l'instant s'efforçait de passer »
Absolument. Faire effort sur soi-même.
RAC.: « Feignez, efforcez-vous, songez qu'il est mon père »
BOURSAULT: « Courage, efforcez-vous, reprenez vos esprits ; Qu'avez-vous ? »
2 Employer toute son énergie, tous ses moyens à quelque chose. Il s'efforça de parler. S'étant efforcé d'obtenir un emploi.
MAIR.: « Tous se sont efforcés de la pouvoir sauver »
RAC.: « Ah ! l'on s'efforce en vain de me fermer la bouche »
S'
CORN.: « Et qu'un Romain s'efforce à tacher le renom D'un guerrier à qui tous doivent un si beau nom »
CORN.: « L'une et l'autre de moi s'efforce à l'obtenir »
CORN.: « Et ce lâche attentat n'est qu'un trait de l'envie, Qui s'efforce à noircir une si belle vie »
CORN.: « On s'empresse à vous voir, on s'efforce à vous plaire »
BARON: « Et ne devrais-je point m'
VOLT.: « Laissez-moi m'efforcer, cruel, à vous haïr »
REMARQUE
Des grammairiens ont voulu distinguer s'
SYNONYME
S'EFFORCER, TÂCHER. Celui qui tâche n'emploie pas nécessairement toutes ses forces. Celui qui s'efforce emploie tout ce qu'il a de forces.
HISTORIQUE
XIIème siècle
Ronc. p. 100: Tant s'esforça que il fu en estant [il se mit debout]
ib. p. 148: Li rois de France ne l'en esforza mie [ne l'y força pas]
Couci, III: Mais esforchier fait folie [folie fait qu'on s'efforce]
Sax. XI: Dux Miles se redresse, si se cuide efforcier, Apuiant à l'espée, se tint vers un moustier
Th. le mart. 69: E se peneient mult des escriz encercier [chercher], S'il peüssent trover nule rien n'espier, Dunt la cause le rei peüssent esforcier [rendre plus forte]
Rois, 13: E Samuel crut e esforcha, e Deus fud ove [avec] lei, e nule de ses paroles en vain ne chaï [tomba]
XIIIème siècle
AUDEFR. LE BAST.: « Por l'amor la pucelle [il] s'esvertue et esforce, Les escus froisse et fent com s'il fussent d'escorce »
Lai del desiré: Pur quei morez à essient ? Efforce tei ; ne vaut nient
la Rose, 74: Li rossignos lores s'efforce De chanter et de faire noise
BEAUMANOIR: « Quiconques est pris en cas de crieme et atains du cas si comme de murdre ou de traïson, d'omicide ou de feme efforcier, il doit estre trainés et pendus »
Liv. de just. 193: Un soz-diacre se maria, le evesque le efforça [força] forjurer sa feme
XIVème siècle
ORESME: « Et après il se efforçoient de monstrer que.... »
DU CANGE: « Aucuns se sont efforcés à priver et corrompre vos ordonances »
XVème siècle
FROISS.: « Quand ceux de la ville virent le pouvoir de la dame si grand et si efforcé, et presque toute l'Angleterre estoit de leur accord »
COMM.: « Ainsi doit estre vraysemblable que Dieu est quasi efforcé et contrainct ou semons de monstrer plusieurs signes, ou de nous batre de plusieurs verges »
COMM.: « Ceulx qui s'efforceroient à rompre la porte »
XVIème siècle
MAROT: « La vertu propre en cestui cas, c'est force, Qui dueil abat et les tourmens efforce [leur ôte la force] »
MONT.: « Les moins tendues et plus naturelles allures de nostre ame sont les plus belles ; les meilleures occupations, les moins efforcées »
AMYOT: « Les ouvriers s'efforçoient à l'envy les uns des autres, à surmonter la grandeur de leurs ouvrages par l'excellence de l'artifice »
AMYOT: « Ilz s'efforçoient de priver leur capitaine des honneurs deuz à sa victoire »
AMYOT: « Luy seul, de loing, estant assis à son aise, sans s'
ÉTYMOLOGIE
Provenc. esforsar, esforzar ; espagn. esforzar ; ital. sforzare ; bas-lat. ex-fortiare, de ex, et fortis (voy. FORT).
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Employer toute sa force à faire quelque chose; ne pas assez ménager ses forces en faisant quelque chose. "S'
Il signifie figurément, Employer son industrie ou faire tout ce qu'on peut pour venir à bout de quelque chose, pour arriver à un but. "S'
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Il signifie aussi, Employer son industrie pour parvenir à une fin. "S'
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Employer toute sa force à faire quelque chose, ne pas assez ménager ses forces en faisant quelque chose. "Ne vous efforcez point à parler. Ne vous efforcez pas, vous vous blesserez. Il s'est efforcé à courir."
Il signifie aussi, Employer son industrie pour parvenir à une fin. "S'
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
["Éforcé"; 1re et dern. "é" fer.] Au "propre", employer toute sa force à faire quelque chôse. 'Il s'"est éforcé à courir"; ne "vous éforcez" pas "à parler". = Au "figuré", employer son industrie pour parvenir à une fin. '"S'éforcer de gagner" les bonnes grâces de quelqu'un. "Acad."
"Rem." Ce verbe a deux régimes. On dit, "s' éforcer à", et "s'éforcer de". Le 1er paraissait, au "P. Bouhours", le plus usité. Dans le "Dict. Gram." on préfère le 2d. L'"Acad." paraissait dire l'un et l'aûtre sans distinction. On doit distinguer, avec M. "de Wailly": Dans le sens le plus ordinaire à ce verbe (n°. 2°.) "de" vaut mieux. 'On voit bien que vous "vous éforcez d' être" plaisant, mais ce n'est pas le moyen de l'être. Au contraire dans le 1er sens (n°. 1°.) il régit "à": 'Ne "vous éforcez" pas "à crier".
- Cette distinction est très-judicieûse; et les exemples que done l'"Acad." l'autorisent.
Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
Mettre toute sa force à faire quelque chose, Ne pas assez menager ses forces en faisant quelque chose. "Ne vous efforcez point à parler. ne vous efforcez pas, vous vous blesserez".
Il sign. aussi, Tascher. "S'
Emplacement dans le dictionnaire :
| efflorescence efflorescent effluent effluve effondré effondrement effondrer | effondrilles efforcer (s') efforcer (s') effort effraction effraie | effranger effrayant effrayé effraye effrayer effrené effréné |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)...dans les sociétés organisées, il est indispensable que la division du travail se rapproche de plus en plus de cet idéal de spontanéité que nous venons de définir. Si elles s'efforcent et doivent s'efforcer d'effacer autant que possible les inégalités extérieures, ce n'est pas seulement parce que l'entreprise est belle, mais c'est que leur existence même est engagée dans le problème. Car elles ne...
Citation n°2 de Henri POINCARÉ (La Valeur de la science)
...La recherche de la vérité doit être le but de notre activité ; c'est la seule fin qui soit digne d'elle. Sans doute nous devons d'abord nous efforcer de soulager les souffrances humaines, mais pourquoi ? Ne pas souffrir, c'est un idéal négatif et qui serait plus sûrement atteint par l'anéantissement du monde. Si nous voulons de plus en plus...
Citation n°3 de Henri POINCARÉ (La Valeur de la science)
...de la vérité morale qui se sent. Et pourtant je ne peux les séparer, et ceux qui aiment l'une ne peuvent pas ne pas aimer l'autre. Pour trouver l'une, comme pour trouver l'autre, il faut s'efforcer d'affranchir complètement son âme du préjugé et de la passion, il faut atteindre à l'absolue sincérité. Ces deux sortes de vérités, une fois découvertes, nous procurent la même joie ; l'une et...
Citation n°4 de Henri POINCARÉ (La Valeur de la science)
...ni l'un ni l'autre. Mais il y a plus : ces deux buts sont inséparables et le meilleur moyen d'atteindre l'un c'est de viser l'autre, ou du moins de ne jamais le perdre de vue. C'est ce que je vais m'efforcer de démontrer en précisant la nature des rapports entre la science pure et ses applications. Le mathématicien ne doit pas être pour le physicien un simple fournisseur de formules ; il faut qu'il y...
Citation n°5 de Henri POINCARÉ (La Valeur de la science)
...dire arrêtée à chaque pas. Sans doute on vous dira qu'en dehors du nombre entier, il n'y a pas de rigueur, et par conséquent pas de vérité mathématique ; que partout il se cache, et qu'il faut s'efforcer de rendre transparents les voiles qui le dissimulent, dût-on pour cela se résigner à d'interminables redites. Ne soyons pas si puristes et soyons reconnaissants au continu qui, si tout sort du...
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